Directives anticipées : modèle, formulaire et exemple
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Sur cette page
- Les directives anticipées, en deux phrases
- Qui peut rédiger des directives anticipées
- Ce que le document doit obligatoirement contenir
- Modèle A ou modèle B : lequel est fait pour vous
- Où trouver le formulaire officiel
- Le modèle de directives anticipées en PDF, à imprimer
- Un exemple de directives anticipées, rédigé
- Si vous ne pouvez pas écrire vous-même
- Combien de temps sont-elles valables, et comment les modifier
- Où les déposer pour qu'on les retrouve le jour venu
- Personne de confiance et directives anticipées : deux choses différentes
- Le médecin est-il obligé de les respecter ?
- Récapitulatif : les six points à retenir
- Le vrai risque n'est pas de mal les écrire
- Questions fréquentes sur les directives anticipées

Écrire ses directives anticipées, c'est dire à l'avance quels soins on accepte et lesquels on refuse, pour le jour où l'on ne pourrait plus le dire soi-même. Le document tient sur une page, il est gratuit, et il n'a besoin ni d'avocat ni de notaire. Voici comment le rédiger, avec un exemple et le formulaire officiel.
Les directives anticipées, en deux phrases
Les directives anticipées sont un document écrit dans lequel vous indiquez, à l'avance, les traitements et les actes médicaux que vous souhaitez ou que vous refusez pour la fin de votre vie. Elles ne servent que dans un cas précis : celui où vous ne seriez plus en état d'exprimer votre volonté — coma, accident grave, maladie qui altère la conscience.
Elles ont été créées par la loi du 22 avril 2005, puis considérablement renforcées par la loi Claeys-Leonetti du 2 février 2016. Avant 2016, elles n'étaient qu'un avis parmi d'autres et n'étaient valables que trois ans. Depuis, elles s'imposent au médecin et n'ont plus de date de péremption. C'est le changement le plus important, et il est encore mal connu.
Personne n'est obligé d'en rédiger. Mais si vous ne le faites pas, ce sont vos proches qui devront répondre à votre place, dans l'urgence, à des questions auxquelles ils n'ont jamais réfléchi. C'est précisément ce que ce document leur épargne.
Qui peut rédiger des directives anticipées
Toute personne majeure, en bonne santé ou malade. Il n'y a pas d'âge minimum au-delà de 18 ans, pas de condition de santé, pas de formalité préalable. Depuis 2016, votre caisse d'assurance maladie est même tenue de vous informer régulièrement de cette possibilité.
Si vous faites l'objet d'une mesure de protection juridique — tutelle, curatelle renforcée —, des règles particulières s'appliquent : la personne chargée de la mesure ne peut ni vous assister ni vous représenter pour cet acte, et une autorisation peut être nécessaire. Renseignez-vous auprès du juge chargé de la protection avant de rédiger.
Un mineur ne peut pas en rédiger. Et personne ne peut les écrire à votre place, sauf dans le cas précis, encadré, où vous n'êtes physiquement pas en mesure d'écrire — nous y revenons plus bas.
Ce que le document doit obligatoirement contenir
Quatre mentions rendent vos directives valables. Sans elles, le document risque d'être écarté au moment où il devrait servir.
Un écrit
Manuscrit ou tapé à l'ordinateur, les deux se valent. Une note vocale, une vidéo ou une consigne donnée oralement à un proche ne sont pas des directives anticipées au sens de la loi.
Vos nom, prénom, date et lieu de naissance
Ce sont les mentions qui permettent de rattacher le document à vous sans ambiguïté, dans un service où personne ne vous connaît.
La date
Elle est décisive : si plusieurs versions circulent, c'est la plus récente qui s'applique. Un document non daté devient impossible à situer par rapport aux autres.
Votre signature
De votre main. C'est elle qui transforme un brouillon d'intentions en document opposable.
L'usage du modèle officiel n'est pas obligatoire : une feuille libre respectant ces quatre points est parfaitement valable. Le modèle a simplement l'avantage de poser les bonnes questions et de ne rien laisser de côté.
Modèle A ou modèle B : lequel est fait pour vous
Le formulaire officiel, fixé par l'arrêté du 3 août 2016, existe en deux versions. Elles ne diffèrent pas par leur valeur juridique, mais par la situation de la personne qui écrit.
En pratique : si vous lisez cette page sans être malade, c'est le modèle B qui vous concerne. Et c'est le bon moment — les directives écrites à froid, sans urgence, sont celles qui reflètent le mieux ce qu'on pense vraiment.
Vous pouvez aussi n'utiliser aucun des deux et écrire librement. Le modèle n'est qu'une aide à la rédaction, jamais une condition de validité.
| Modèle A | Modèle B | |
|---|---|---|
| Pour qui | Personne atteinte d'une maladie grave, ou dont la fin de vie est proche | Personne en bonne santé, ou dont la maladie n'engage pas le pronostic vital |
| Ton des questions | Concrètes : les traitements en cours, ceux qui sont envisagés | Générales : ce que vous accepteriez si l'accident arrivait |
| Difficulté | Plus facile à remplir : la situation médicale est connue | Plus abstrait : il faut imaginer des situations qu'on ne vit pas |
| Valeur juridique | Identique | Identique |
Où trouver le formulaire officiel
Le formulaire est gratuit, téléchargeable, et disponible auprès de plusieurs sources publiques. Aucune n'a besoin d'être payée.
Service-public.fr
La fiche officielle décrit la procédure complète et donne accès au formulaire. C'est la source à privilégier : elle est mise à jour à chaque évolution du droit.
La Haute Autorité de santé
La HAS publie les deux modèles ainsi qu'un guide d'accompagnement destiné aux personnes qui hésitent sur ce qu'elles doivent écrire.
Votre médecin traitant
Il dispose des formulaires et, surtout, il peut vous aider à traduire une intention en termes médicaux compréhensibles par un service de réanimation. C'est la voie la plus utile si les questions vous paraissent trop techniques.
Votre mairie ou votre établissement de santé
Les Ehpad et les hôpitaux mettent le formulaire à disposition et proposent souvent un accompagnement à la rédaction.
Le modèle de directives anticipées en PDF, à imprimer
Un document de deux pages A4 à remplir au stylo : votre identité, vos choix sur le maintien artificiel de la vie, la douleur, le lieu et l'accompagnement, votre personne de confiance, la date et la signature. Chaque bloc propose des positions dans les deux sens et laisse des lignes libres — c'est une aide à la rédaction, pas une orientation.
La deuxième page rappelle ce que dit la loi et comporte une case pour noter où se trouve chaque exemplaire. C'est la partie que l'on oublie, et celle qui décide si vos directives serviront un jour.
Mes directives anticipées : téléchargez ici GRATUITEMENT le modèle à remplirDeux pages A4, à imprimer et à remplir à la main. S'ouvre dans votre navigateur — vous l'enregistrez ensuite si elle vous convient. Aucune inscription, aucune adresse email demandée.Un exemple de directives anticipées, rédigé
Voici à quoi ressemble un document complet et valable. Il est court : c'est normal, la loi n'exige aucune longueur.
« Je soussignée Marie Dupont, née le 14 mars 1958 à Nantes, rédige les présentes directives anticipées en pleine possession de mes moyens, afin qu'elles s'appliquent si je ne suis plus en état d'exprimer ma volonté.
Si je me trouve dans une situation où je ne peux plus communiquer et où les médecins estiment qu'il n'existe aucun espoir raisonnable de retrouver un état de conscience et d'autonomie : je refuse l'acharnement thérapeutique, en particulier la poursuite d'une réanimation prolongée, d'une dialyse ou d'une alimentation artificielle destinées uniquement à maintenir mes fonctions vitales.
Je souhaite en revanche recevoir tous les traitements permettant de soulager mes douleurs et mon inconfort, y compris s'ils devaient avoir pour effet secondaire d'abréger ma vie.
Je souhaite, dans la mesure du possible, être accompagnée par mes proches et ne pas mourir seule.
J'ai désigné comme personne de confiance mon fils Paul Dupont, joignable au 06 00 00 00 00, qui connaît mes volontés et pourra en témoigner.
Fait à Nantes, le 19 août 2026. Signature. »
Ce texte est un exemple à adapter, pas un modèle à recopier : des directives qui ne vous ressemblent pas ne servent à rien. Prenez le temps d'en parler à votre médecin — c'est lui qui saura vous dire si ce que vous avez écrit est applicable dans un service de soins.
Si vous ne pouvez pas écrire vous-même
La loi prévoit ce cas. Deux témoins peuvent rédiger le document à votre place, sous votre dictée. Ils doivent y indiquer leurs nom et prénom, préciser en quelle qualité ils interviennent, et attester que ce document est bien l'expression de votre volonté libre et éclairée.
Votre personne de confiance peut être l'un de ces deux témoins. Ce n'est pas une obligation, mais c'est souvent le plus simple : elle sera de toute façon celle qu'on interrogera le moment venu.
Vous pouvez aussi demander à votre médecin de joindre au document une attestation constatant que vous étiez en état d'exprimer librement votre volonté. Ce n'est pas exigé, mais cela coupe court à toute contestation ultérieure.
Combien de temps sont-elles valables, et comment les modifier
Elles sont valables sans limite de durée. C'est l'un des apports les plus importants de la loi de 2016 : avant, elles expiraient au bout de trois ans, et beaucoup de gens l'ignorent encore. Un document écrit aujourd'hui vaudra dans vingt ans si vous n'y touchez pas.
Vous pouvez les modifier ou les annuler à tout moment, sans justification et sans formalité. Pour les modifier, il suffit d'en rédiger de nouvelles : ce sont les plus récentes qui font foi, d'où l'importance de la date. Pour les annuler, un simple écrit daté et signé suffit.
Un conseil pratique : détruisez les anciennes versions, ou écrivez dessus qu'elles sont annulées. Deux documents contradictoires retrouvés le même jour dans deux endroits différents créent exactement la confusion que vous vouliez éviter.
Relisez-les tous les cinq ans, ou après un événement qui change la donne : un diagnostic, un deuil, une opération lourde. Ce que l'on pense à 60 ans en bonne santé n'est pas toujours ce que l'on pense à 75 ans après une hospitalisation.
Où les déposer pour qu'on les retrouve le jour venu
C'est le point sur lequel tout se joue. Des directives parfaitement rédigées et introuvables ne valent rien : le médecin qui ne les a pas sous les yeux décidera sans elles.
Dans Mon espace santé
C'est la voie la plus sûre, et celle que recommandent les autorités. Le document est versé dans votre dossier médical partagé, où l'équipe qui vous prend en charge peut le consulter directement, y compris la nuit et le week-end.
Chez votre médecin traitant
Il les intègre à votre dossier médical. C'est utile, mais insuffisant seul : son cabinet est fermé quand l'urgence arrive.
Chez votre personne de confiance ou un proche
Donnez-lui un exemplaire papier, et dites-lui explicitement de quoi il s'agit. Un document remis sans explication finit dans un tiroir dont personne ne se souvient.
Chez vous, à un endroit connu
Si vous les gardez chez vous, notez dans votre portefeuille, près de votre carte vitale, où elles se trouvent. Les secours cherchent là en premier.
Le bon réflexe n'est pas de choisir un endroit, mais d'en cumuler plusieurs et de dire à au moins deux personnes où chercher. Le jour où le document sert, vous n'êtes pas là pour l'indiquer.
Personne de confiance et directives anticipées : deux choses différentes
On les confond souvent. Ce sont deux dispositifs distincts, et ils se complètent.
L'idéal est d'avoir les deux, et surtout que la personne de confiance sache ce qu'il y a dans vos directives. Une personne de confiance qui découvre le document le jour où on la sollicite est mal placée pour l'expliquer.
Désigner une personne de confiance se fait par un simple écrit daté et signé, contresigné par elle. Ce n'est pas une charge administrative : c'est un rôle qu'on accepte, et il vaut mieux en parler avant de l'inscrire.
| Directives anticipées | Personne de confiance | |
|---|---|---|
| Ce que c'est | Un document écrit qui exprime vos volontés | Une personne désignée par écrit pour parler en votre nom |
| Ce que ça fait | S'impose au médecin | Témoigne de votre volonté, vous accompagne aux rendez-vous |
| Quand ça sert | Quand vous ne pouvez plus vous exprimer | Quand vous ne pouvez plus vous exprimer, et aussi de votre vivant |
| Si les deux existent | Priment sur tout témoignage | Son témoignage prime sur celui des autres proches |
Le médecin est-il obligé de les respecter ?
Oui. Depuis 2016, les directives anticipées s'imposent au médecin. Ce n'est plus un avis consultatif : c'est votre décision, et il doit s'y conformer. C'est le renversement opéré par la loi Claeys-Leonetti.
Deux exceptions, et deux seulement. La première : l'urgence vitale, pendant le temps nécessaire à une évaluation complète de la situation — on ne demande pas à une équipe de réanimation de chercher un document avant de commencer les gestes qui sauvent. La seconde : lorsque les directives apparaissent manifestement inappropriées ou non conformes à la situation médicale. Dans ce cas, le refus ne peut pas être une décision individuelle : il exige une procédure collégiale, la consultation de votre personne de confiance ou de vos proches, et la décision motivée doit être inscrite dans votre dossier médical.
Autrement dit, un médecin ne peut pas écarter vos directives parce qu'il n'est pas d'accord avec elles. Il ne le peut que si elles sont médicalement inapplicables au cas qui se présente — et il doit alors s'en expliquer par écrit.
Les textes de référence, si vous voulez les citer : articles L1111-11 à L1111-12 et R1111-17 à R1111-20 du code de la santé publique, et arrêté du 3 août 2016 pour le modèle officiel.
Récapitulatif : les six points à retenir
| Question | Réponse |
|---|---|
| Qui peut en rédiger ? | Toute personne majeure, malade ou en bonne santé |
| Faut-il un notaire ou un avocat ? | Non. C'est gratuit et sans formalité |
| Le formulaire est-il obligatoire ? | Non, mais il aide à ne rien oublier (modèle A ou B) |
| Combien de temps sont-elles valables ? | Sans limite de durée depuis 2016 |
| Peut-on changer d'avis ? | À tout moment. Les plus récentes l'emportent |
| Le médecin doit-il les suivre ? | Oui, sauf urgence vitale ou directives manifestement inappropriées |
Le vrai risque n'est pas de mal les écrire
C'est qu'on ne les retrouve pas. Un document rangé dans un classeur que vos proches n'ouvriront pas, une version dans une boîte mail dont personne n'a le mot de passe, un exemplaire chez un médecin qui a pris sa retraite : à chaque fois, le résultat est le même que si vous n'aviez rien écrit.
C'est la raison d'être de Prévenance : réunir au même endroit ce que vos proches devront trouver — vos papiers, vos contrats, vos accès, vos volontés — et le leur transmettre le moment venu, en lecture seule, sans qu'ils aient à fouiller. Vos directives anticipées y ont leur place, avec l'indication de l'endroit où se trouve l'original signé.
Cela ne remplace pas le dépôt dans Mon espace santé, qui reste la voie que consultera l'équipe médicale. Cela répond à l'autre moitié du problème : que vos proches sachent que ce document existe, et où il se trouve.
Questions fréquentes sur les directives anticipées
- Les directives anticipées sont-elles obligatoires ?
- Non. Aucune loi ne vous oblige à en rédiger, et ne pas en avoir ne change rien à la qualité des soins que vous recevrez. Elles servent uniquement à faire respecter vos choix si vous ne pouvez plus les exprimer vous-même.
- Faut-il un notaire pour rédiger ses directives anticipées ?
- Non, et c'est une confusion fréquente avec le testament. Les directives anticipées sont gratuites, se rédigent sur papier libre ou sur le formulaire officiel, et n'exigent ni notaire, ni avocat, ni témoin — sauf si vous êtes dans l'impossibilité physique d'écrire.
- Quelle est la durée de validité des directives anticipées ?
- Elles sont valables sans limite de durée depuis la loi du 2 février 2016. Avant cette date, elles expiraient au bout de trois ans : si vos directives datent d'avant 2016, elles restent valables, mais c'est l'occasion de vérifier qu'elles correspondent toujours à ce que vous pensez.
- Quelle différence entre le modèle A et le modèle B ?
- Aucune sur le plan juridique. Le modèle A s'adresse aux personnes atteintes d'une maladie grave ou dont la fin de vie est proche, le modèle B aux personnes en bonne santé. Les questions du modèle A sont plus concrètes, parce que la situation médicale est déjà connue.
- Peut-on écrire ses directives anticipées à la main ?
- Oui. Manuscrit ou tapé à l'ordinateur, les deux ont la même valeur, à condition que le document soit daté, signé, et qu'il porte vos nom, prénom, date et lieu de naissance.
- Où déposer ses directives anticipées ?
- Le dépôt dans Mon espace santé est le plus sûr : le document devient consultable par l'équipe qui vous prend en charge, à toute heure. Confiez-en aussi un exemplaire à votre médecin traitant et à votre personne de confiance, et dites à vos proches où se trouve l'original.
- Peut-on rédiger des directives anticipées avant une opération ?
- Oui, et c'est un moment où beaucoup de gens y pensent pour la première fois. Parlez-en à l'anesthésiste lors de la consultation préopératoire : il pourra vous aider à formuler des consignes applicables au type d'intervention prévu, et les faire figurer à votre dossier.
- Une personne sous tutelle peut-elle rédiger des directives anticipées ?
- Des règles particulières s'appliquent : la personne chargée de la mesure de protection ne peut ni assister ni représenter le majeur protégé pour cet acte, et une autorisation peut être nécessaire. Renseignez-vous auprès du juge chargé de la protection avant de rédiger.
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